La Commission électorale indépendante a proclamé Alassane Ouattara large vainqueur du scrutin du 25 octobre avec 89,77 % des suffrages exprimés. Le chef de l’État décroche ainsi un quatrième mandat consécutif, porté par la machine RHDP et par l’absence d’un front d’opposition vraiment structuré. Le vote s’est globalement déroulé sans incident majeur mais avec une participation jugée moyenne, certains candidats adverses ayant peiné à mobiliser.
Ce résultat s’inscrit dans un contexte très particulier. À 83 ans, Ouattara a fait le pari de la continuité en mettant en avant la stabilité économique, les chantiers d’infrastructures et le rôle régional d’Abidjan. En face, plusieurs figures de l’opposition ont dénoncé une élection verrouillée et ont déjà parlé de scrutin “sans enjeu réel”, tout en appelant à la retenue pour éviter un scénario de tensions comme en 2010. La presse locale est d’ailleurs partagée entre célébration du score et critiques sur le manque de compétition.
Le défi commence maintenant. Le camp présidentiel veut présenter cette victoire comme un mandat d’achèvement avec poursuite des grands travaux et consolidation sécuritaire au nord. Mais les observateurs internationaux comme une partie de l’opposition attendent des gestes d’ouverture, une décrispation judiciaire et un dialogue politique réel afin de donner plus de légitimité à ce quatrième quinquennat. Si ces signaux n’arrivent pas rapidement, la très large victoire pourrait être lue comme un succès de chiffres plus que comme un nouveau contrat politique.









