Le Ghana a fortement réduit ses exportations de carburant vers le Burkina Faso et le Mali afin de protéger son approvisionnement intérieur. BOST Energies, l’entreprise publique chargée d’une partie importante du stockage et de la distribution, explique avoir diminué ses livraisons depuis août dans un contexte de tensions mondiales sur les produits pétroliers.
Les chiffres illustrent l’ampleur de l’ajustement. Le Burkina Faso avait demandé environ 80 000 tonnes de diesel et d’essence pour juillet et août, mais n’en aurait reçu qu’environ 40 000. Le Mali, qui sollicitait 50 000 tonnes, en aurait obtenu autour de 10 000. BOST affirme donner désormais la priorité à la consommation ghanéenne, notamment face à la hausse de la demande de diesel.
Le dossier montre l’interdépendance énergétique entre les pays côtiers et ceux de l’Alliance des États du Sahel. Burkina Faso et Mali sont enclavés et dépendent de plusieurs corridors passant par des ports et infrastructures de leurs voisins. Une réduction décidée à Accra peut donc rapidement se répercuter sur les coûts logistiques et la disponibilité des carburants plus au nord.
La décision ghanéenne n’est pas présentée comme une sanction politique contre les États sahéliens. Elle répond d’abord à une logique de sécurité d’approvisionnement nationale. Elle rappelle néanmoins qu’en période de pénurie ou de forte volatilité, les infrastructures énergétiques régionales deviennent aussi un enjeu de politique étrangère et de résilience économique.







