Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, participe au sommet Russie–Afrique de Moscou avec une responsabilité régionale supplémentaire. Il préside désormais l’Autorité du Marché commun de l’Afrique orientale et australe, le COMESA, après avoir succédé au président kényan William Ruto lors du sommet organisé à Harare le 22 octobre. Cette fonction donne à son déplacement une dimension qui dépasse les seules relations entre le Zimbabwe et la Russie.
Le COMESA rassemble 21 États et place l’intégration économique au cœur de son action. Les questions de commerce intrarégional, d’accès au financement et de transformation industrielle occupent une place essentielle dans ses priorités. À Moscou, les échanges sur l’investissement, la logistique et les infrastructures rejoignent plusieurs de ces préoccupations. La participation du président zimbabwéen permet de porter dans les discussions un regard sur les intérêts de l’espace économique qu’il préside.
La présidence tournante du COMESA ne signifie pas que Mnangagwa engage automatiquement tous les membres de l’organisation dans des accords bilatéraux. Les projets nationaux relèvent des gouvernements concernés, tandis que les mécanismes régionaux reposent sur des procédures collectives. Cette distinction est importante au moment où la Russie cherche à développer ses relations économiques avec plusieurs ensembles du continent africain.
Le sommet des 28 et 29 octobre doit examiner des pistes de coopération dans l’énergie, les technologies, l’agriculture et les transports. Pour le COMESA, les enjeux concernent notamment la fluidité des échanges, la valeur ajoutée industrielle et la capacité des entreprises africaines à accéder à de nouveaux marchés. La suite des discussions dépendra des accords formalisés et de leur compatibilité avec les objectifs d’intégration régionale portés par l’organisation.







