Au Nigeria, des organisations engagées dans la santé mentale ont salué l’avancement d’un projet de loi visant à dépénaliser la tentative de suicide. Leur réaction, relayée le 17 octobre, fait suite à une étape parlementaire franchie le 13 octobre au Sénat. Les associations considèrent que la réponse à une crise suicidaire doit avant tout relever de l’accompagnement sanitaire, et non de la sanction pénale. Il importe cependant de préciser que ce texte n’a pas encore terminé l’ensemble du parcours législatif.
Selon Premium Times, la proposition, intitulée Suicide Prevention Bill, a passé une lecture au Sénat avant son renvoi à des commissions compétentes pour l’examiner. Les défenseurs de la réforme expliquent que la perspective de poursuites judiciaires peut dissuader des personnes en grande détresse et leurs proches de chercher rapidement de l’aide. L’enjeu est d’encourager la consultation des professionnels, la prévention et l’accès à des soins adaptés. Les associations saluent donc une orientation législative tout en attendant la formulation définitive des dispositions.
La discussion dépasse la seule modification du Code pénal. Pour qu’une réforme améliore effectivement la situation, les services de santé doivent disposer de personnels formés, de moyens de prise en charge et de procédures permettant d’accompagner les familles sans stigmatisation. Les écoles, les employeurs et les structures communautaires peuvent aussi contribuer à l’identification précoce des situations de détresse. La protection de la confidentialité et des droits des patients doit rester centrale, notamment dans les établissements où la peur d’être jugé constitue un obstacle à la demande de soutien.
Les commissions parlementaires devront examiner le contenu juridique du projet et les conséquences pratiques de son application, avant d’éventuelles nouvelles lectures et autres étapes institutionnelles. À ce stade, la dépénalisation ne peut donc pas être décrite comme une loi définitivement promulguée. Les organisations de santé mentale devront suivre le débat et rappeler la nécessité de services accessibles. Leur mobilisation souligne une idée essentielle : prévenir les crises et préserver les vies suppose un environnement de soins digne, sûr et dépourvu de jugement.







