Trois pays sahéliens ont pris leurs distances avec la CEDEAO et misent sur une coopération militaire renforcée. Que change ce nouveau paysage pour la région et pour les pays côtiers ?
Le 29 janvier 2025, Mali, Burkina Faso et Niger ont officialisé leur sortie de la CEDEAO après un an de tensions politiques. C’est un basculement régional inédit.
Les trois États ont consolidé l’Alliance des États du Sahel (AES) et annoncé une force conjointe de 5 000 soldats, avec des moyens aériens et de renseignement partagés. Objectif : reprendre la main face à JNIM et à l’État islamique au Sahel.
Sur le terrain, la violence reste élevée dans le centre du Sahel, et les effets de débordement touchent de plus en plus les pays côtiers (Bénin, Togo, Ghana, parfois Côte d’Ivoire) où des attaques sporadiques testent la résilience des forces locales.
La rupture avec la CEDEAO complique la mobilité des personnes et des marchandises, fragilise la coopération policière et judiciaire, et perturbe des chaînes d’approvisionnement déjà sous pression. Plusieurs acteurs régionaux plaident néanmoins pour garder des canaux de dialogue ouverts.
Pour les capitales côtières, l’enjeu est double : sécuriser les zones frontalières par des opérations ciblées et améliorer les services de base pour couper l’herbe sous le pied aux recruteurs armés. La coordination internationale reste active via l’ONU/UNOWAS et des initiatives bilatérales.









