La riposte contre l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo est fragilisée par la colère des agents sanitaires. Plusieurs équipes mobilisées dans la province de l’Ituri réclament le paiement de salaires et de primes de risque en retard depuis près de trois mois. Des protestations et des arrêts de travail perturbent déjà certaines activités de surveillance, de prise en charge et de suivi des contacts.
Cette crise sociale intervient alors que l’épidémie continue de progresser rapidement. Déclarée le 15 mai 2026, elle est provoquée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore homologué. Au 1er août, les autorités comptabilisaient 3 748 cas confirmés et 1 657 décès, faisant de cet épisode le deuxième plus important jamais enregistré en RDC.
Les agents affirment que l’absence de rémunération compromet leurs conditions de vie et affaiblit leur capacité à rester mobilisés sur le terrain. La réponse sanitaire souffre déjà de l’insécurité, des attaques contre les structures médicales, des difficultés de traçage et de la méfiance de certaines communautés. L’OMS a également reconnu avoir reçu moins de la moitié des financements nécessaires pour soutenir efficacement les opérations.
Le gouvernement congolais est désormais pressé de régulariser les paiements afin d’éviter une paralysie plus large du dispositif. Chaque interruption ralentit l’identification des malades, l’isolement des cas et la recherche des personnes exposées. Dans un contexte où la majorité des nouvelles infections provient désormais d’une transmission communautaire, le maintien d’équipes motivées et correctement rémunérées devient indispensable pour contenir l’épidémie.







