La République démocratique du Congo a confirmé dimanche 18 octobre la présence du virus Ebola dans le Nord-Ubangi, devenu la huitième province concernée par l’épidémie actuelle. Selon l’Institut national de recherche biomédicale, deux cas y ont été signalés, dont un décès. Cette extension géographique inquiète les autorités, car le Nord-Ubangi partage une frontière avec la République centrafricaine. Le nouveau foyer s’ajoute à une propagation déjà importante dans plusieurs provinces de l’est et du nord du pays, où les équipes médicales sont sous forte pression.
L’épidémie, déclarée au mois de mai, est particulièrement grave. D’après les données sanitaires citées par Reuters et l’Associated Press, la RDC avait enregistré plus de 9 400 cas et plus de 4 500 décès à la mi-octobre. L’Ituri demeure l’un des principaux foyers de transmission. Les déplacements de population, les difficultés d’accès aux structures de soins et le climat de méfiance dans certaines communautés compliquent l’identification rapide des malades. Des épisodes de violence rendent aussi plusieurs déplacements de personnels sanitaires dangereux.
La présence du virus dans une province frontalière accentue la nécessité d’une coordination entre les services de santé congolais et ceux des pays voisins. La transmission d’Ebola dépend notamment du contact avec des fluides corporels infectés ; les campagnes de prévention, l’isolement des malades et la recherche des contacts sont donc déterminants. Les responsables sanitaires insistent sur l’importance de consulter tôt et de ne pas dissimuler les symptômes. Dans certaines zones, la peur d’être placé en quarantaine freine encore les déclarations et détourne des familles des établissements de santé.
Le défi est également humanitaire. L’épidémie détourne des ressources des vaccinations courantes, des maternités et de la prise en charge d’autres maladies. Les cas apparus dans les pays voisins montrent que l’enjeu dépasse désormais les frontières congolaises. Les prochaines semaines seront consacrées à la surveillance du nouveau foyer, à la protection des équipes et au renforcement des capacités de laboratoire. Les chiffres pourront évoluer avec de nouvelles confirmations et les enquêtes de terrain.







