La reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran a immédiatement remis les marchés pétroliers sous pression. Le Brent a d’abord repassé la barre des 90 dollars avant d’accélérer encore, signe que les investisseurs recommencent à intégrer un risque sérieux de perturbation autour du golfe Persique et du détroit d’Ormuz.
Le mécanisme est relativement simple. Une partie importante du pétrole mondial transite par cette zone et la moindre menace contre les navires, les terminaux ou la liberté de navigation augmente le risque de voir certaines livraisons retardées ou interrompues. Les marchés n’attendent donc pas nécessairement qu’une pénurie se produise : ils augmentent les prix dès que sa probabilité monte.
Cette hausse touche rapidement le reste de l’économie mondiale. Un pétrole plus cher augmente les coûts du transport, de l’aviation, de nombreuses industries et peut ralentir la baisse de l’inflation. Pour les banques centrales, la reprise du conflit crée donc une difficulté supplémentaire au moment où les taux d’intérêt restent déjà élevés dans plusieurs grandes économies.
Le seuil de 90 dollars est surtout psychologique. Il rappelle que malgré les perspectives de production ailleurs dans le monde, le conflit autour d’Ormuz conserve la capacité de déplacer brutalement les prix.
La suite dépendra désormais moins des déclarations que de la situation maritime et militaire. Si les échanges de frappes se multiplient et que le trafic pétrolier reste menacé, le marché pourrait continuer d’intégrer une prime de guerre élevée. Une véritable désescalade pourrait au contraire faire disparaître rapidement une partie de cette hausse.
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