La succession de Yoweri Museveni prend une forme de plus en plus familiale. Après l’annonce de la candidature de Muhoozi Kainerugaba à l’élection de 2031, un responsable de son mouvement affirme que cette ambition a été formellement autorisée par le président. Aucun soutien public direct de Museveni lui-même n’a toutefois été retrouvé dans les éléments disponibles.
Muhoozi dirige actuellement l’armée ougandaise et préside la Patriotic League of Uganda. Il avait déjà envisagé une candidature en 2026 avant de se retirer pour soutenir son père, au pouvoir depuis 1986. Il annonce désormais vouloir briguer la présidence lors du scrutin suivant.
L’aval paternel rapporté par son entourage change néanmoins la portée de sa candidature. Muhoozi ne se présenterait plus comme un héritier impatient cherchant à forcer la succession, mais comme le possible bénéficiaire d’un passage de relais organisé depuis le sommet de l’État.
Le problème démocratique reste considérable. Un chef de l’armée, fils du président et soutenu par les réseaux du pouvoir disposerait d’avantages institutionnels, sécuritaires et politiques très supérieurs à ceux de ses adversaires. L’opposition devra également se demander si l’élection peut offrir une véritable alternance lorsque la transition est préparée au sein de la même famille.
La question centrale n’est donc plus uniquement de savoir si Muhoozi sera candidat. Elle est de déterminer si Museveni prépare réellement son départ ou s’il autorise simplement son fils à commencer une campagne dont les règles et le calendrier pourront encore évoluer.
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