Le réseau public géré par la Lagos Water Corporation ne dessert qu’environ 1,03 % de la population de l’État de Lagos, selon des données présentées par un responsable de l’organisme et publiées dimanche 18 octobre par Premium Times. L’entreprise fait état de 34 424 ménages enregistrés, soit quelque 206 444 habitants en retenant six personnes par foyer, dans un État estimé à environ 20 millions d’habitants. Ces chiffres illustrent le fossé entre les ambitions de distribution publique et l’accès réel à une alimentation en eau assurée par le réseau officiel.
La société publique reconnaît également que sa production quotidienne effective représente une faible fraction de ses capacités installées. Les infrastructures d’eau souffrent dans de nombreuses villes de problèmes d’entretien, de raccordement, de continuité du service et de financement. À Lagos, l’extension rapide des quartiers résidentiels et économiques augmente continuellement la demande. Les ménages se tournent alors vers des puits, des forages, des vendeurs privés ou des systèmes de stockage domestique, dont la qualité et les coûts peuvent varier fortement selon les secteurs.
Il convient de distinguer la couverture du réseau public de l’accès total à l’eau. Le taux de 1,03 % ne signifie pas que tous les autres habitants sont totalement privés d’eau, mais qu’ils ne sont pas servis par les connexions recensées de la Lagos Water Corporation. Cette différence est essentielle pour comprendre les besoins d’investissement et leurs conséquences sanitaires. Les systèmes alternatifs peuvent constituer une ressource indispensable, mais leur contrôle, leur disponibilité et leur coût posent des défis aux ménages les plus modestes.
La modernisation du secteur exigera des décisions sur les canalisations, les stations de traitement, la réduction des pertes et la gestion des abonnements. Les autorités devront publier des objectifs vérifiables, des budgets et un calendrier de travaux. Les habitants attendent surtout une amélioration concrète de la fiabilité et de la qualité de l’approvisionnement. Cette nouvelle estimation fournit une base pour suivre les progrès futurs, mais elle appelle également des données détaillées quartier par quartier.







