L’Espagne poursuit le renforcement de la frontière maritime de Ceuta après l’arrivée massive de migrants depuis le Maroc. Une barrière flottante d’environ 500 mètres a été déployée près du brise-lames de Tarajal, l’un des principaux points de passage. Le dispositif, associé à des bouées ancrées, doit compliquer les traversées à la nage tout en laissant un couloir aux embarcations de la Guardia Civil.
Cette mesure complète le déploiement de militaires et de policiers supplémentaires dans l’enclave espagnole. Les autorités affirment que les franchissements ont fortement diminué après la crise et que la majorité des quelque 60 000 personnes entrées à Ceuta est repartie vers le Maroc. Des patrouilles restent toutefois mobilisées sur les plages et en mer afin de prévenir de nouvelles tentatives et de rechercher d’éventuelles victimes.
Le dernier bilan communiqué par les autorités espagnoles fait état d’au moins 72 morts. Certaines victimes se sont noyées, tandis que d’autres ont été écrasées dans une bousculade près des installations frontalières. L’ampleur de cette tragédie a ravivé les critiques concernant la gestion de la frontière, les conditions d’accueil dans Ceuta et les causes économiques et sociales poussant de nombreux jeunes à tenter ce passage dangereux.
Madrid veut désormais stabiliser durablement la situation avec l’appui de Rabat, présenté par le gouvernement espagnol comme un partenaire essentiel. La crise a également provoqué un débat tendu au sein de l’Union européenne sur la protection des frontières extérieures et la coordination entre États membres. L’Espagne réclame une réponse commune, alors que plusieurs gouvernements européens demandent des contrôles renforcés pour empêcher une nouvelle arrivée massive.




