La victoire de Péter Magyar et la fin des seize années de pouvoir de Viktor Orbán bouleversent le paysage économique hongrois. Plusieurs groupes longtemps associés à l’ancien gouvernement voient leur modèle fragilisé par la promesse d’un contrôle renforcé des marchés publics et d’une lutte plus ferme contre la corruption. Les entreprises dépendantes des grands contrats d’État sont désormais les plus exposées à ce changement politique.
Le nouveau gouvernement a commencé à réexaminer certains contrats conclus sous l’ère Orbán et veut imposer davantage de concurrence dans les appels d’offres. Cette orientation vise aussi à satisfaire les exigences de Bruxelles et à sécuriser le déblocage de fonds européens suspendus pour des inquiétudes liées à l’État de droit et à la corruption. Budapest a parallèlement décidé de rejoindre le Parquet européen.
Des sociétés de construction et d’infrastructures comme Market Építő ou Duna Aszfalt cherchent déjà à s’adapter en visant davantage de projets privés, de logements et d’opérations de taille plus réduite. Leurs dirigeants contestent avoir bénéficié de favoritisme, mais les investisseurs redoutent une chute durable des commandes publiques. Avant même les élections, plusieurs entreprises liées à l’entourage d’Orbán avaient subi un recul marqué en Bourse.
Péter Magyar assure vouloir remplacer un système fondé sur les relations politiques par une économie plus transparente et ouverte aux investisseurs étrangers. La transition restera néanmoins délicate, car ces groupes emploient des milliers de personnes et occupent une place importante dans plusieurs secteurs. La capacité du gouvernement à sanctionner les abus sans déstabiliser l’activité économique constituera l’un des principaux tests de la nouvelle Hongrie.






