Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, multiplie les contacts à Washington dans un contexte de nouvelles tensions entre Pretoria et l’administration américaine. Les États-Unis ont annoncé des restrictions de visas visant des étrangers qu’ils considèrent comme impliqués dans des politiques ou actions de discrimination raciale, d’expropriation foncière sans compensation ou d’incitation à de telles pratiques. Au moment de l’annonce, aucun responsable sud-africain précis n’avait été publiquement désigné.
Pretoria rejette l’interprétation américaine de ses politiques foncières et de transformation économique. Le gouvernement sud-africain soutient que ces mesures s’inscrivent dans ses procédures constitutionnelles et démocratiques et visent à corriger des inégalités héritées de l’apartheid. Washington et Pretoria conservent donc des lectures opposées de plusieurs dossiers intérieurs sud-africains, ce qui s’ajoute à d’autres divergences diplomatiques apparues ces dernières années.
Lamola cherche à maintenir les canaux de discussion ouverts. Ses rencontres aux États-Unis précèdent sa participation aux activités liées à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Le ministre veut défendre la position de son gouvernement tout en préservant une relation économique importante. Les États-Unis restent un partenaire commercial majeur de l’Afrique du Sud, même si les tensions politiques rendent le dialogue plus difficile.
Ces échanges ne signifient pas que les désaccords sont réglés. Les restrictions de visas relèvent de la politique américaine, tandis que Pretoria affirme qu’il ne modifiera pas ses lois sous pression extérieure. L’enjeu immédiat consiste surtout à empêcher que le différend ne s’étende à d’autres domaines de coopération. La séquence de Washington permettra de voir si les deux gouvernements trouvent un terrain de discussion ou maintiennent des positions durablement éloignées sur les questions foncières et raciales.







