Volodymyr Zelensky a lancé un nouveau format régional baptisé “Carpathian Eight”, réunissant l’Ukraine et sept pays d’Europe centrale et orientale : Pologne, Roumanie, Serbie, Slovaquie, République tchèque, Autriche et Hongrie. L’initiative veut structurer une coopération plus étroite autour du commerce, des transports, de l’énergie, des infrastructures et de la sécurité. La présence de pays ayant des positions différentes sur la guerre en Ukraine donne au groupe une portée avant tout pratique plutôt qu’une ligne diplomatique totalement homogène.
Le sommet de lancement a été accompagné de plus de 50 accords représentant plus d’un milliard d’euros, selon les informations rapportées par Reuters. Une part importante concerne les énergies renouvelables, mais le format doit aussi favoriser les liaisons ferroviaires et routières, la logistique transfrontalière et les échanges commerciaux. Pour Kiev, ces projets sont essentiels à la fois pour maintenir les flux économiques pendant la guerre et pour préparer une intégration plus profonde aux réseaux européens sur le long terme.
Le choix d’un groupe régional permet de traiter des sujets qui ne nécessitent pas toujours l’unanimité de l’Union européenne. Plusieurs membres du Carpathian Eight appartiennent à l’UE, tandis que la Serbie et l’Ukraine suivent des trajectoires différentes vers une intégration européenne plus poussée. Cela peut faciliter des projets concrets entre voisins, mais aussi créer des négociations complexes lorsque les intérêts énergétiques, les politiques vis-à-vis de Moscou ou les priorités budgétaires divergent.
Le succès du format dépendra donc de la mise en œuvre des accords annoncés. Les montants signés ne se transforment pas automatiquement en infrastructures opérationnelles : il faudra sécuriser les financements, harmoniser certaines normes et maintenir les projets malgré le contexte de guerre. Pour l’Ukraine, l’intérêt immédiat est de consolider ses connexions occidentales. Pour les autres participants, le groupe offre un cadre supplémentaire pour coordonner des investissements qui dépassent les frontières nationales.







