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Crise du carburant au Mali : blocus jihadiste, pénuries et économie sous pression

Depuis début septembre, le Mali est plongé dans une grave crise du carburant. À Bamako comme dans de nombreuses villes de l’intérieur, les stations-service sont à sec, les files d’attente s’étirent sur des centaines de mètres et une grande partie des transports et des activités économiques tournent au ralenti.

D’où vient la crise ?

Selon plusieurs médias internationaux, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/JNIM), affilié à Al-Qaida, impose depuis le 3 septembre 2025 un blocus sur les importations de carburant vers le Mali. Les convois de camions-citernes venant notamment du Sénégal et de la Côte d’Ivoire sont régulièrement attaqués ou incendiés, dans une stratégie de « djihad économique » destinée à « asphyxier » Bamako et affaiblir la junte d’Assimi Goïta.

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a parlé d’une « nouvelle phase de la crise » liée à ce changement de mode opératoire des groupes armés et a lâché une phrase choc devant les autorités religieuses : « Le carburant que nous recevons, c’est du sang humain ».

Impact sur le quotidien des Maliens

À Bamako, certains automobilistes patientent toute la nuit devant les rares stations livrées. « On n’a jamais vu ça. Trouver de l’essence est devenu un parcours du combattant », témoigne un habitant cité par Le Monde.

La vente est désormais rationnée : dans la capitale, chaque véhicule est limité à 10 000 FCFA de carburant par jour, soit une dizaine de litres. Pendant que le prix officiel du gasoil reste autour de 750 FCFA/litre, le carburant se revend à plusieurs fois ce montant au marché noir. Les coupures d’électricité se multiplient aussi, les centrales thermiques manquant de carburant, ce qui affecte les usines, les services publics et même les hôpitaux.

Réponse des autorités et situation actuelle

Face à cette crise, le gouvernement malien a annoncé un plan d’urgence : escortes militaires pour les convois de carburant, création de stocks stratégiques, allègement de certaines procédures d’importation et priorisation de l’approvisionnement pour les hôpitaux, services d’urgence et transports publics. Des stations-service ont été réservées aux forces armées à Bamako et Kati afin de garantir leurs déplacements.

Fin octobre, l’arrivée à Bamako de convois de plusieurs centaines de camions-citernes escortés par l’armée a permis une reprise timide de la distribution, mais la situation reste très fragile : la pénurie n’est pas résolue et dépend encore de la sécurisation des axes routiers et des futures importations.