Le déplacement d’Abdel Fattah al-Burhan à l’Assemblée générale des Nations unies est devenu un nouveau point de tension entre Washington et les autorités soudanaises. Selon une source diplomatique soudanaise et un analyste cités par Reuters, la délivrance du visa américain du chef de l’armée soudanaise aurait été liée à l’acceptation d’une proposition de cessez-le-feu de 90 jours soutenue par les États-Unis. Le département d’État américain n’avait pas apporté de commentaire immédiat sur cette interprétation.
Khartoum a saisi les Nations unies pour demander une intervention auprès des autorités américaines. Dans une lettre adressée au secrétaire général António Guterres, l’ambassadeur soudanais à l’ONU a estimé que l’absence de visa empêcherait le représentant de fait du pays de participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale. Le secrétariat de l’ONU a confirmé avoir soulevé la question auprès de Washington et exprimé son inquiétude sur le retard signalé.
Le différend intervient alors que les tentatives de médiation restent bloquées dans la guerre opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide. Les États-Unis travaillent avec l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis dans le cadre d’un format diplomatique destiné à favoriser une désescalade. L’armée a déjà exprimé des réserves sur le projet de trêve, estimant que certaines pauses précédentes avaient permis aux forces adverses de se réorganiser.
La question du visa prend donc une dimension diplomatique au-delà d’une simple procédure consulaire. Les États-Unis, en tant que pays hôte du siège des Nations unies, sont soumis à des obligations particulières concernant l’accès aux réunions de l’organisation. En parallèle, aucune information disponible ne permet d’affirmer qu’un accord de cessez-le-feu est acquis. Le dossier reste suspendu aux échanges entre Washington, l’ONU et les autorités soudanaises.







