Un nouveau rapport lié à l’initiative Accra Reset appelle les pays africains à accélérer leur autonomie financière et opérationnelle en matière de santé, dans un contexte de recul de plusieurs programmes d’aide internationale. Le document, présenté sous le titre A Sovereign Future for Health, estime que les changements rapides de la politique américaine ont révélé la dépendance de nombreux systèmes de santé à des financements extérieurs difficiles à remplacer à court terme.
Le rapport cite notamment le Nigeria et l’Afrique du Sud parmi les pays confrontés à la reprise de programmes ou de dépenses jusque-là soutenus en partie par Washington. Les difficultés ne sont pas identiques d’un pays à l’autre : elles concernent la rémunération de personnels, l’approvisionnement, la lutte contre le VIH, la surveillance sanitaire ou encore la capacité des budgets nationaux à absorber rapidement des dépenses supplémentaires. Les auteurs ne plaident pas pour la fin de toute coopération extérieure, mais pour un rapport moins dépendant de financements volatils.
L’Accra Reset propose plusieurs changements de politique, dont une mobilisation accrue des ressources domestiques, une meilleure coordination des achats, un renforcement des capacités locales et une plus grande responsabilité des gouvernements dans la définition des priorités sanitaires. L’idée centrale est de construire des systèmes capables de maintenir les services essentiels lorsque les partenaires extérieurs modifient leurs budgets ou leurs stratégies.
Cette transition ne peut cependant pas être immédiate. Les États disposent de marges budgétaires très différentes et certains programmes nécessitent encore des volumes importants de financement international. Le rapport cherche donc à transformer le choc des réductions d’aide en point de départ d’une réforme de long terme. Son impact dépendra de la capacité des gouvernements à convertir ces recommandations en budgets, institutions et programmes mesurables, sans interrompre les services dont dépendent déjà des millions de patients.







