Le vice-président kényan Kithure Kindiki a été publiquement investi comme porte-parole politique de la région du Mont Kenya lors d’une cérémonie organisée au Kirigiti Stadium. Des anciens issus notamment des communautés kikuyu, embu et meru ont soutenu cette désignation, présentée par ses promoteurs comme un moyen de donner une voix commune à l’une des régions électorales les plus importantes du pays. L’événement intervient alors que les alliances se recomposent en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Ce titre n’est pas une fonction prévue par la Constitution kényane. Il s’agit d’une reconnaissance politique et traditionnelle dont la légitimité dépend largement de l’adhésion des responsables et des communautés concernées. Les alliés de l’ancien vice-président Rigathi Gachagua ont rapidement contesté la cérémonie, estimant que quelques groupes d’anciens ne peuvent pas désigner à eux seuls le chef politique de toute la région.
La controverse révèle les divisions qui traversent le Mont Kenya depuis la rupture entre William Ruto et Gachagua. Kindiki, qui a succédé à ce dernier à la vice-présidence, cherche à consolider son influence dans une zone déterminante pour la majorité présidentielle. Ses partisans présentent son profil comme une possibilité de rassemblement entre les différents comtés, tandis que ses adversaires dénoncent une tentative de fabriquer un leadership favorable au pouvoir en place.
La portée réelle de la cérémonie se mesurera donc dans les mois à venir plutôt que dans le titre lui-même. Les élections locales, les ralliements d’élus et les choix des principaux réseaux politiques permettront d’évaluer l’autorité de Kindiki dans la région. À moins d’un an de la phase décisive de préparation de 2027, le Mont Kenya redevient ainsi l’un des principaux terrains de compétition politique du pays.
À consulter : L’Agenda Politique — Demain.







