À un peu plus de huit mois du premier tour de la présidentielle française, prévu le 18 avril 2027, les tentatives de manipulation numérique deviennent un sujet majeur de la précampagne. En l’espace de quelques jours, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal ont tous été ciblés par des opérations de désinformation attribuées à des réseaux prorusses.
Édouard Philippe a été visé par de faux contenus concernant son état de santé, diffusés par le réseau Storm-1516. Raphaël Glucksmann a ensuite été ciblé par un faux article et une vidéo imitant un média français, accusant sa compagne Léa Salamé d’avoir cherché à favoriser sa candidature. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris concernant cette dernière opération.
Gabriel Attal a, de son côté, été la cible de faux reportages, vidéos et unes reproduisant l’identité visuelle de plusieurs grands médias français. Viginum a attribué avec un haut degré de confiance cette campagne au réseau prorusse Matriochka, déjà documenté par les autorités françaises pour ses opérations coordonnées de manipulation de l’information.
Le gouvernement veut désormais renforcer son arsenal avant l’ouverture de la période électorale. Un projet de loi prévoit notamment de tripler certaines sanctions applicables à la diffusion de faux contenus pendant les élections. Les autorités préviennent toutefois qu’une médiatisation excessive de campagnes parfois peu visibles peut paradoxalement amplifier leur portée.



