Les deux francs CFA ont le même nom, sont tous les deux liés à l’euro au même taux de change officiel et circulent dans des pays africains francophones. Cela peut laisser croire qu’un billet utilisé à Abidjan ou Dakar peut être dépensé normalement à Yaoundé ou Libreville. En réalité, il existe deux zones monétaires distinctes et deux monnaies différentes, même si elles partagent plusieurs caractéristiques.
En Afrique de l’Ouest, le franc CFA est émis par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, la BCEAO. Son code monétaire international est XOF et il a cours légal dans les pays de l’Union monétaire ouest-africaine. En Afrique centrale, les billets et pièces sont émis par la Banque des États de l’Afrique centrale, la BEAC, et la monnaie porte le code XAF.
Depuis 1993, les banques centrales des deux zones ne garantissent plus le rachat réciproque de leurs billets comme s’ils appartenaient à un espace monétaire unique. Un billet XOF n’a donc pas cours légal automatiquement dans la zone XAF, et inversement. Un commerçant peut éventuellement accepter un billet étranger par arrangement privé, mais il n’est pas obligé de le faire. Pour passer d’une zone à l’autre, il faut normalement convertir les fonds par une banque, un bureau de change ou un autre canal autorisé.
Le fait que les deux francs aient la même parité avec l’euro rend la conversion simple sur le plan théorique : un XOF vaut nominalement un XAF. Mais cette égalité de valeur ne transforme pas les deux monnaies en une seule. Les systèmes bancaires, les billets, les banques centrales et les règles de circulation restent distincts. C’est pourquoi un voyageur doit considérer le franc CFA ouest-africain et le franc CFA d’Afrique centrale comme deux monnaies séparées.





