Les tensions dans le nord de l’Éthiopie ont franchi un nouveau seuil avec la reprise de combats impliquant des forces tigréennes et des unités fédérales. Des combattants liés au TPLF ont pris le contrôle d’infrastructures aéroportuaires dans la région du Tigré et des affrontements ont également été signalés dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara. Ethiopian Airlines a suspendu des vols vers plusieurs aéroports du nord, signe concret de la détérioration rapide de la situation sécuritaire.
Les autorités tigréennes présentent leur action comme relevant d’une logique défensive, tandis que des responsables proches du gouvernement fédéral parlent d’une offensive coordonnée. Ces versions concurrentes montrent combien le climat de méfiance reste profond malgré l’accord de Pretoria signé en 2022 pour mettre fin à deux années de guerre. Cet accord avait permis une forte réduction des combats, mais plusieurs dispositions politiques et sécuritaires sont restées difficiles à appliquer.
La reprise des affrontements fait donc planer une incertitude majeure sur la survie du compromis de paix. Elle intervient dans un contexte où les contentieux territoriaux, le désarmement, le retour des déplacés et la réorganisation des forces de sécurité n’ont pas été entièrement résolus. Les prises d’aéroports sont particulièrement sensibles car elles touchent à la mobilité civile, au ravitaillement et au contrôle du territoire.
Il serait toutefois prématuré d’affirmer qu’une nouvelle guerre à grande échelle est déjà engagée. L’étendue exacte des opérations et les intentions des différentes parties restent à clarifier. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les affrontements restent localisés ou s’ils entraînent une rupture plus large du cadre établi à Pretoria. La suspension des vols commerciaux montre néanmoins que le risque sécuritaire est désormais suffisamment élevé pour affecter directement la vie civile.






