Sept groupes armés éthiopiens ont annoncé la création d’une nouvelle coalition opposée au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. L’alliance rassemble des organisations liées à plusieurs régions et communautés du pays, notamment au Tigré, à l’Amhara, à l’Oromia, à l’Afar et au Benishangul-Gumuz. Cette annonce intervient alors que l’Éthiopie reste confrontée à plusieurs foyers de violence malgré la fin officielle de la guerre du Tigré en 2022. La portée militaire de la coalition reste toutefois à démontrer, car ses composantes disposent de structures, d’implantations et d’objectifs différents.
L’un des éléments les plus remarqués est la présence, dans le même front, de mouvements ayant combattu dans des camps opposés pendant la guerre de 2020-2022. Des forces liées au Tigré et des groupes issus de la mouvance Fano amhara se retrouvent ainsi dans une structure commune, aux côtés d’organisations venant d’autres régions. Cette convergence traduit une opposition partagée au pouvoir fédéral, mais elle ne signifie pas que les différends territoriaux et politiques qui les séparaient ont disparu.
Addis-Abeba accuse l’Érythrée de soutenir cette nouvelle alliance. Asmara dément cette accusation. Ces affirmations doivent être distinguées des faits publiquement établis : aucune preuve indépendante ne permet, à ce stade, de mesurer l’ampleur d’un éventuel soutien érythréen. La question est particulièrement sensible, puisque l’Érythrée avait combattu aux côtés des forces fédérales éthiopiennes contre le Tigré avant la dégradation ultérieure de ses relations avec le gouvernement d’Abiy Ahmed.
La formation de cette coalition ouvre donc une nouvelle phase d’incertitude. Elle peut renforcer la pression politique et sécuritaire sur le gouvernement fédéral si les groupes parviennent réellement à coordonner leurs actions. Mais une alliance déclarée n’équivaut pas automatiquement à une chaîne de commandement unifiée. Les prochains mois permettront de voir si cette structure devient un acteur opérationnel durable ou reste essentiellement un cadre politique réunissant des oppositions jusque-là fragmentées.







