La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ouvre un nouveau chapitre de son histoire institutionnelle. La magistrate libérienne Charlyne M. Brumskine a été élue présidente de la juridiction régionale mardi 13 octobre 2026, à Abuja, au Nigeria. Selon l’Agence de presse sénégalaise, elle succède au Cap-Verdien Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves. Le juge béninois Désiré Henri Aihou a été choisi comme vice-président. Ce renouvellement intervient après la prise de fonctions d’un nouveau collège de magistrats.
Le collège appelé à diriger la Cour avait prêté serment au début du mois d’octobre. Les nouveaux responsables prennent leurs fonctions dans une institution dont le rôle est de veiller à l’interprétation et à l’application du droit communautaire. La juridiction peut également être saisie sur certaines questions touchant aux droits humains. Son action se situe dans un espace ouest-africain traversé par des tensions diplomatiques, des transitions politiques et des débats sur l’intégration régionale. Ces enjeux donnent un relief particulier au choix de sa direction.
Au-delà de la dimension symbolique de l’élection d’une magistrate du Liberia, la priorité sera de faire fonctionner efficacement cette instance commune à plusieurs États. L’indépendance des juges, les délais d’examen des affaires et l’accès des citoyens à la justice régionale restent des sujets essentiels pour la crédibilité de la Cour. Après son élection, Charlyne Brumskine a mis en avant la nécessité de préserver l’État de droit et de rendre la justice de manière impartiale et dans des délais raisonnables, selon les comptes rendus publiés mercredi.
La présidence de Charlyne Brumskine sera donc observée à l’aune de décisions concrètes plutôt qu’à la seule annonce de sa désignation. Les prochains mois permettront de mesurer la capacité de la nouvelle équipe à poursuivre les dossiers en cours et à renforcer la confiance dans le fonctionnement de la juridiction. La Cour reste un instrument de coopération régionale dont les arrêts peuvent avoir des conséquences importantes pour les institutions nationales et les justiciables ouest-africains.






