L’opposant russe Boris Nadejdin a annoncé avoir quitté provisoirement la Russie et se trouver à Paris. Dans une vidéo tournée devant la tour Eiffel, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a affirmé être « vivant et libre », tout en précisant qu’il devait évaluer sa situation avant de présenter ses prochains projets. Il n’a pas indiqué combien de temps il comptait rester à l’étranger.
Son départ intervient après plusieurs semaines de pression politique et judiciaire. Le ministère russe de la Justice l’a inscrit le 10 juillet sur la liste des « agents de l’étranger », une décision qui l’a empêché de participer aux élections législatives prévues en septembre. Quelques jours plus tard, un tribunal lui a infligé une amende pour diffusion présumée de symboles extrémistes dans une vidéo montrant brièvement Alexeï Navalny.
Boris Nadejdin avait également suspendu sa campagne pour la Douma après avoir été interpellé et interrogé par la police. L’homme politique de 63 ans affirme que les procédures engagées contre lui visent à réduire au silence son opposition à la guerre en Ukraine. En 2024, sa candidature à la présidentielle avait déjà été rejetée après l’invalidation de plusieurs milliers de signatures par la commission électorale.
Cette sortie de Russie illustre le rétrécissement continu de l’espace accordé aux voix critiques du Kremlin. De nombreux responsables politiques, journalistes et militants opposés à la guerre ont été emprisonnés ou contraints à l’exil depuis 2022. Nadejdin n’a toutefois pas annoncé un exil définitif et promet de communiquer prochainement sur la suite de son engagement politique.







