L’ANC reste crédité du meilleur score national avec 31 %, mais cette première place peut parfaitement coexister avec la perte de plusieurs grandes métropoles. Johannesburg, Tshwane, Ekurhuleni et eThekwini ne produisent ni les mêmes rapports de force, ni les mêmes coalitions, ni le même niveau de mobilisation.
Être premier ne signifie plus gouverner
Dans un système local proportionnel et fragmenté, arriver en tête avec 25 % ou 30 % ne suffit pas à obtenir la majorité.
L’ANC peut donc conserver davantage de voix que chaque rival pris séparément et se retrouver néanmoins dans l’opposition si la DA, ActionSA et d’autres partis s’accordent contre lui.
L’inverse est également possible : l’ANC peut gouverner une ville sans être arrivé premier s’il parvient à construire la coalition la plus large.
Johannesburg reste extrêmement ouvert
Ipsos place l’ANC à 31 % à Johannesburg, devant la DA à 27 %. Cet avantage reste trop faible pour gouverner seul et la future majorité dépendrait donc d’ActionSA, de l’EFF, du MK ou de plusieurs petites formations.
La bataille ne se limite ainsi pas au nombre de voix. Elle concerne aussi la capacité à trouver un maire acceptable, répartir les responsabilités et maintenir une coalition après le vote.
Tshwane penche davantage vers la DA
Dans la capitale politique, la DA est créditée de 31 %, contre 22 % pour l’ANC. Ce rapport de force pourrait faciliter une coalition conduite par la DA, sans lui garantir une majorité autonome.
L’ANC peut donc rester premier au niveau national et être clairement devancé dans une métropole majeure.
Durban suit une logique totalement différente
À eThekwini, la compétition principale ne semble plus opposer l’ANC à la DA. Le MK Party est donné à 55 %, porté par le poids politique de Jacob Zuma au KwaZulu-Natal.
Cette situation montre pourquoi un résultat national ne permet pas de prévoir directement les municipalités. Un parti concentré régionalement peut contrôler une grande ville tout en restant loin derrière nationalement.
Ekurhuleni peut basculer sur quelques accords
Dans les métropoles où ANC et DA sont proches, de petites formations peuvent devenir disproportionnellement importantes.
Un parti obtenant 5 % ou 7 % peut choisir le maire, négocier plusieurs postes et faire tomber une coalition quelques mois plus tard. C’est l’une des raisons pour lesquelles plusieurs grandes villes sud-africaines ont connu une forte instabilité administrative.
La participation peut tout déplacer
L’enquête Ipsos mesure des intentions déclarées. Elle ne garantit pas que chaque groupe se mobilisera de la même manière le 4 novembre.
Les électeurs mécontents de l’ANC peuvent vouloir le sanctionner sans nécessairement se déplacer. À l’inverse, une base locale très motivée peut produire un résultat supérieur aux sondages.
L’ANC peut donc rester le premier parti d’Afrique du Sud tout en cessant d’être le premier parti des grandes villes. Ce serait moins un paradoxe qu’une nouvelle étape de son évolution : un mouvement toujours puissant nationalement, mais de plus en plus dépendant des zones rurales et des coalitions pour conserver son influence urbaine.
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