La contestation étudiante en Albanie a connu une nouvelle poussée de violence mercredi 14 octobre à Tirana. Des rassemblements dénonçant le coût des études, les conditions universitaires et la corruption ont débouché sur des affrontements avec les forces de l’ordre. Un incendie a touché le bâtiment du ministère de l’Éducation, selon les informations relayées par Reuters et par le radiodiffuseur public albanais RTSH. Des dégradations ont également été signalées dans le centre de la capitale, où plusieurs institutions se sont retrouvées au cœur des tensions.
D’après la police citée par RTSH, des participants ont lancé des pierres et d’autres objets vers les bâtiments et les agents. Des barricades improvisées, constituées notamment de clôtures déplacées, ont compliqué la circulation. Les policiers ont utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser certains groupes. Des interpellations et des blessés ont été recensés, mais les chiffres varient selon l’heure des bilans et les sources consultées. Il convient donc d’éviter d’additionner des décomptes publiés à des moments différents.
Ces violences s’inscrivent dans un mouvement de protestation plus large contre le gouvernement d’Edi Rama. À l’origine de certaines mobilisations figuraient déjà des critiques sur la transparence d’un projet touristique contesté dans une zone protégée du pays. Les revendications se sont ensuite élargies à l’éducation, à la vie chère et aux perspectives offertes à la jeunesse. Le gouvernement condamne les destructions et affirme que le droit de manifester ne justifie pas les attaques contre les personnes ou les biens publics. Les manifestants dénoncent pour leur part des problèmes de fond qu’ils jugent insuffisamment pris en compte.
L’évolution des protestations dépendra des réponses politiques, des investigations relatives aux violences et de la manière dont les forces de l’ordre encadreront les prochains rassemblements. Les autorités devront notamment établir les responsabilités pour les incendies et les dégradations, sans confondre les personnes soupçonnées de violences avec l’ensemble des manifestants. Les revendications étudiantes restent distinctes des actes faisant l’objet d’enquêtes. À Tirana, la crise met désormais à l’épreuve la capacité des institutions à répondre à la contestation tout en préservant les libertés publiques et la sécurité.







