La découverte de neuf corps de femmes dans la région d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, a relancé une mobilisation nationale en Afrique du Sud. Des courses commémoratives, veillées et manifestations ont été organisées ces derniers jours pour rendre hommage aux victimes et demander une réponse plus efficace contre les violences faites aux femmes. La police enquête toujours et n’a pas établi que les neuf meurtres étaient l’œuvre d’un même auteur ou qu’ils étaient directement liés.
La plupart des victimes avaient une vingtaine ou une trentaine d’années et certaines présentaient des signes de violences sexuelles. L’une d’elles, Elizabeth Moselakgomo, avait disparu alors qu’elle était partie courir avant d’être retrouvée morte. Une course commémorative organisée à Johannesburg a rassemblé des participantes vêtues de noir, tandis que d’autres rassemblements ont eu lieu au Cap. Le président Cyril Ramaphosa a promis une enquête approfondie.
L’affaire intervient moins d’un an après la classification officielle des violences basées sur le genre et des féminicides comme « catastrophe nationale » par le Centre national sud-africain de gestion des catastrophes, en novembre 2025. Cette décision avait renforcé la coordination attendue de l’État, mais de nombreuses organisations estiment que le sentiment d’insécurité reste très fort. Elles pointent notamment les difficultés de la police, confrontée à des problèmes de ressources et de corruption.
Le débat porte désormais sur l’efficacité concrète des politiques déjà adoptées : prévention, enquêtes, protection des victimes, poursuites et suivi judiciaire. Les militantes contestent également les recommandations demandant aux femmes de modifier davantage leurs comportements pour éviter les agressions. À ce stade, l’urgence est double : déterminer les circonstances précises des neuf décès sans présumer d’un lien entre les affaires, et mesurer si les dispositifs publics existants produisent réellement des résultats.







