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Un « super El Niño » pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars à l’Afrique

Un épisode El Niño d’une intensité exceptionnelle pourrait provoquer entre 10 et 20 milliards de dollars de pertes économiques dans les pays africains les plus touchés. La Banque africaine de développement estime que leur produit intérieur brut pourrait reculer de 1 % à 2 % sous l’effet combiné des sécheresses, des inondations et des tempêtes.

L’agriculture serait en première ligne. Des pluies insuffisantes peuvent réduire les récoltes de maïs, de riz ou de légumes, tandis que les inondations détruisent les cultures, les routes et les stocks. Selon l’expert climatique de la BAD interrogé par Reuters, les agriculteurs africains ont déjà perdu près de 330 millions de dollars de revenus en 2026, et le prix du maïs pourrait doubler dans les zones les plus exposées.

Pour les ménages, la conséquence la plus visible serait une hausse du coût de l’alimentation. Lorsque les récoltes diminuent, les pays doivent importer davantage, alors que le transport, les engrais et l’énergie peuvent eux aussi coûter plus cher. Cette pression risque d’accélérer l’inflation et de réduire le pouvoir d’achat, particulièrement dans les familles consacrant une grande partie de leurs revenus à la nourriture.

Les gouvernements devront parallèlement financer l’aide alimentaire, réparer les infrastructures, soutenir les agriculteurs et renforcer l’accès à l’eau. Ces dépenses imprévues peuvent creuser les déficits et compliquer le remboursement des dettes publiques. La BAD estime que l’Afrique pourrait avoir besoin de 100 milliards de dollars de financement climatique en 2026, bien au-delà des ressources actuellement disponibles pour l’adaptation. (Reuters)

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