Au moins 11 personnes ont été tuées et une trentaine blessées dans l’effondrement d’un puits de mine d’or dans le nord-est du Soudan. L’accident s’est produit dans la région d’Oni, dans l’État de la mer Rouge, selon les informations communiquées par les autorités et les services de secours. Il survient moins d’une semaine après une autre catastrophe minière particulièrement meurtrière dans l’ouest du pays, où des dizaines de personnes avaient péri.
Ces accidents rappellent les risques extrêmes du secteur aurifère artisanal soudanais. Une part importante de l’extraction repose sur de petites exploitations utilisant des équipements limités et des puits parfois instables, avec peu de contrôles de sécurité. La guerre, déclenchée en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide, a encore affaibli les capacités de régulation de l’État et poussé de nombreux habitants vers des activités informelles pour conserver un revenu.
L’or occupe une place centrale dans l’économie soudanaise. Il représente une source essentielle de devises dans un pays où les circuits bancaires, le commerce et les recettes publiques sont profondément perturbés. Mais une partie de la production échappe aux circuits officiels. Des experts de l’ONU et plusieurs enquêtes ont documenté l’existence de réseaux de contrebande et de financement liés à différents acteurs armés. Cela ne signifie pas que l’ensemble des mineurs artisanaux participe à ces réseaux.
Le nouveau drame relance donc une double question : celle de la sécurité des travailleurs et celle du contrôle économique d’une ressource stratégique en temps de guerre. Sans capacité d’inspection renforcée, infrastructures adaptées et circuits commerciaux plus transparents, les accidents risquent de se répéter tandis que l’or continuera d’alimenter une économie largement informelle au milieu du conflit.







