William Ruto se rend à l’Assemblée générale de l’ONU avec deux ambitions économiques qui résument la stratégie actuelle du Kenya : renforcer sa place dans l’énergie régionale tout en accélérant son positionnement dans l’intelligence artificielle. À New York, le président doit rechercher des partenaires pour une raffinerie de 17 milliards de dollars à Lamu et promouvoir une initiative africaine destinée à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars pour l’IA d’ici 2035.
Le projet de raffinerie est particulièrement ambitieux. L’installation annoncée pourrait traiter environ 700 000 barils par jour et représenter un investissement d’environ 2,2 billions de shillings kényans. Nairobi présente le projet comme un moyen de renforcer la sécurité énergétique de l’Afrique de l’Est, de développer une nouvelle activité industrielle autour du port de Lamu et de réduire certaines dépendances régionales aux importations de produits raffinés. Son financement, sa rentabilité future et son calendrier effectif resteront cependant déterminants.
Sur l’intelligence artificielle, le discours est différent mais la logique d’attraction du capital est similaire. Le Kenya soutient une initiative appuyée par la Banque africaine de développement qui vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars pour les capacités africaines en calcul, données, formation et développement technologique. Ruto doit également coprésider avec le président finlandais Alexander Stubb une initiative entre puissances moyennes sur l’IA.
Ces deux projets ne suffisent pas à faire automatiquement du Kenya un double hub énergétique et numérique. Une raffinerie exige des infrastructures, des débouchés et des capitaux considérables ; l’IA nécessite de l’électricité fiable, des centres de données et des compétences. Mais leur présentation simultanée montre le modèle recherché par Nairobi : attirer de gros investissements physiques tout en essayant de gagner une place dans les secteurs technologiques à forte valeur ajoutée.







