Les États-Unis ont accepté de donner une année supplémentaire aux Nations unies pour réduire progressivement leur soutien logistique à la mission de l’Union africaine en Somalie, l’AUSSOM. Washington envisageait auparavant une rupture plus rapide. Le compromis reporte l’essentiel de la transition et prévoit désormais un retrait progressif du dispositif de soutien à partir de 2027. Pour Mogadiscio et l’Union africaine, ce délai offre un peu d’espace pour rechercher des financements et des solutions de remplacement.
L’AUSSOM dépend fortement des moyens fournis par l’ONU pour des fonctions très concrètes : nourriture, carburant, soutien médical, transport, infrastructures et logistique de terrain. Réduire cette assistance sans mécanisme alternatif pourrait affecter directement la capacité opérationnelle des soldats africains engagés aux côtés des forces somaliennes contre les shebab. La mission est déjà confrontée à un problème de financement récurrent, plusieurs partenaires contestant le coût et la répartition des contributions internationales.
La position américaine ne signifie pas que le soutien onusien sera maintenu indéfiniment. Washington souhaite réduire son exposition financière au dispositif actuel et pousse les acteurs concernés à préparer une structure plus durable. Le délai supplémentaire est donc une période de transition plutôt qu’un abandon du projet de retrait. Il faudra déterminer qui financera les prestations logistiques après cette phase, sous quelle autorité elles seront organisées et comment éviter une rupture au moment où les forces somaliennes doivent progressivement assumer davantage de responsabilités.
La question est particulièrement sensible parce que les shebab restent capables de mener des attaques et de contester des zones stratégiques. Un retrait mal coordonné du soutien international pourrait créer des difficultés pour les unités africaines, tandis qu’un financement sans horizon clair prolongerait les désaccords entre bailleurs. Le compromis américain règle donc le calendrier immédiat mais pas le problème de fond : trouver, avant 2027, un modèle financier et logistique suffisamment prévisible pour accompagner la sécurité somalienne.







