Marine Le Pen veut montrer qu’une victoire du Rassemblement national ne provoquerait pas automatiquement une rupture avec les marchés ou l’Union européenne. Son nouveau discours budgétaire insiste sur les économies, la réduction du déficit et une règle constitutionnelle destinée à imposer une trajectoire de désendettement.
Cette stratégie rappelle en partie celle de Giorgia Meloni en Italie. Une fois arrivée au pouvoir, la dirigeante italienne a rassuré les investisseurs en respectant les principales contraintes européennes et en évitant une confrontation frontale avec Bruxelles. Le Pen cherche aujourd’hui à démontrer qu’elle pourrait suivre une voie comparable en France.
Le parallèle a toutefois ses limites. La France dépense davantage en proportion de sa richesse et son Parlement est beaucoup plus fragmenté. Meloni a bénéficié d’une majorité relativement stable, alors qu’un président français pourrait devoir gouverner avec une Assemblée sans bloc dominant. Les économies promises par le RN sont également jugées très optimistes par plusieurs économistes.
Le marché obligataire constitue déjà un test. Les rendements français ont baissé brièvement après la présentation du programme budgétaire de Le Pen avant de repartir à la hausse. Cela montre que la crédibilité ne se construira pas sur une seule conférence de presse. Le RN devra prouver que ses économies sont réalisables et compatibles avec ses autres promesses sociales et fiscales.






