Emmanuel Macron a apporté dimanche 20 septembre son soutien au projet d’un rapprochement inédit entre le Canada et l’Union européenne. À l’occasion de sa rencontre avec le Premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre-et-Miquelon, le président français s’est prononcé en faveur de l’idée de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union. Cette formule avait déjà été évoquée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Le concept reste toutefois politique avant d’être juridique. Les traités européens ne prévoient pas aujourd’hui de statut général de « membre associé » comparable à celui d’un État membre. Un tel dispositif devrait donc être défini, négocié et accepté par les institutions européennes et les États membres. Il faudrait également déterminer précisément quels domaines seraient concernés, quels droits seraient accordés au Canada et quelles obligations accompagneraient cette nouvelle relation.
Ottawa cherche depuis plusieurs mois à approfondir ses liens avec l’Europe, notamment dans la défense, l’énergie, les minerais critiques, l’intelligence artificielle et les technologies stratégiques. Le Canada et l’Union européenne disposent déjà d’un accord commercial important, le CETA, ainsi que de nombreuses coopérations sectorielles. L’idée d’un statut associé viserait à donner un cadre politique plus large à cette dynamique sans transformer le Canada en État membre de l’Union.
La proposition intervient aussi dans un contexte de tensions accrues entre Ottawa et Washington. Mark Carney insiste cependant sur le fait qu’un renforcement des liens européens doit être présenté comme une diversification des partenariats canadiens plutôt que comme une rupture avec les États-Unis. Les prochains échanges avec Bruxelles devront montrer si le concept peut dépasser le symbole et prendre une forme institutionnelle concrète.







