La France a accepté d’ouvrir des discussions avec la Lettonie sur une participation de Riga à l’initiative française autour de la dissuasion nucléaire européenne. L’annonce a été faite par le Premier ministre letton Andris Kulbergs, qui affirme avoir échangé avec Emmanuel Macron sur un renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité. À ce stade, il s’agit d’un dialogue politique et stratégique, et non d’un engagement précisant un partage de contrôle sur l’arsenal français.
La Lettonie souhaite parallèlement une présence militaire française plus importante sur son territoire, en particulier dans le domaine de la défense aérienne. Riga considère la présence alliée comme un élément majeur de sa sécurité face à la Russie. Le pays, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, plaide depuis plusieurs années pour un renforcement du flanc oriental et pour des garanties plus visibles de la part des grandes puissances militaires européennes.
La dissuasion nucléaire française occupe une place particulière dans ce débat. La France est, avec le Royaume-Uni, l’une des deux puissances nucléaires d’Europe occidentale, et la seule de l’Union européenne. Emmanuel Macron a déjà défendu l’idée d’un dialogue avec les partenaires européens sur le rôle que la dissuasion française pourrait jouer dans la sécurité du continent. Une telle discussion ne signifie pas que Paris transfère la décision d’emploi de ses armes, qui demeure une prérogative nationale.
L’annonce lettone intervient le même jour qu’un compromis européen sur le renouvellement des sanctions contre la Russie, auquel Riga a finalement permis d’aboutir en s’abstenant. Aucune disposition publique ne permet cependant de présenter juridiquement les deux dossiers comme liés. Les prochaines discussions devront préciser ce que recouvre concrètement la participation lettone : échanges doctrinaux, consultations politiques, exercices ou coopération plus large en matière de défense.







