Le président ghanéen John Dramani Mahama a ordonné la dissolution immédiate du conseil d’administration chargé de la National Cathedral, l’un des projets publics les plus controversés du pays. Les administrateurs doivent remettre le site et les éléments relevant du projet au ministère compétent avant le 31 octobre. Cette étape ouvre une nouvelle phase : l’exécutif veut désormais reprendre formellement la main sur le dossier avant de décider de l’usage futur du terrain et des infrastructures déjà engagées.
La National Cathedral devait initialement devenir un vaste complexe religieux et mémoriel à Accra. Le projet a cependant été freiné par les dépassements de coûts, les interrogations sur les marchés publics et les critiques concernant l’utilisation de l’argent de l’État. Le chantier est resté largement inachevé malgré des dépenses importantes. Mahama avait déjà indiqué qu’il ne souhaitait pas mobiliser davantage de fonds publics pour achever l’édifice, tout en laissant ouverte la possibilité d’un financement privé ou religieux si un projet viable devait être proposé.
La dissolution du conseil ne signifie donc pas automatiquement l’abandon définitif de la cathédrale. Elle transfère surtout la responsabilité du dossier vers le gouvernement, qui doit examiner les options juridiques, financières et urbanistiques disponibles. Parmi les questions non résolues figurent l’état des contrats existants, les coûts d’entretien d’un site incomplet, les engagements restant dus et la possibilité de réutiliser tout ou partie des structures déjà construites. Toute décision devra aussi tenir compte des audits et procédures engagés autour de la gestion passée du projet.
Pour Mahama, l’enjeu dépasse la seule National Cathedral. Le dossier est devenu un test de la manière dont son gouvernement veut traiter les projets publics hérités dont les coûts ou la gouvernance sont contestés. La prochaine décision sera donc observée à la fois sous l’angle budgétaire et sous celui de la transparence. Jusqu’à l’annonce d’une nouvelle affectation ou d’un mécanisme de financement, le transfert du site au ministère constitue la principale décision opérationnelle.
À consulter : L’Agenda Politique — Demain.







