Le New Patriotic Party, principal parti d’opposition ghanéen, réclame toujours un examen parlementaire multipartite des affaires de stupéfiants liées à des cargaisons présentées comme provenant du Ghana. Cette demande a été formalisée en septembre et relancée publiquement au début d’octobre, notamment par l’ancien vice-président Mahamudu Bawumia. Les responsables du NPP souhaitent qu’une commission spéciale puisse réunir des documents et entendre des témoins. Les accusations qu’ils formulent ne doivent pas être confondues avec des conclusions judiciaires établissant la responsabilité de personnes désignées.
La contestation s’appuie sur plusieurs interceptions réalisées à l’étranger et évoquées dans les médias locaux. Une saisie de près de 3,9 tonnes de cocaïne dans un conteneur arrivé au port de Dunkerque en France figure parmi les exemples cités par l’opposition. Le NPP questionne les dispositifs de contrôle du fret et les possibilités de passage de marchandises illicites. Les autorités judiciaires des pays concernés restent chargées d’établir la provenance des produits, les responsabilités individuelles et la structure éventuelle des réseaux.
Au Ghana, la demande d’enquête est aussi un enjeu de contrôle démocratique. Les parlementaires d’opposition voudraient examiner la fiabilité des inspections portuaires et les mécanismes de collaboration entre douanes, police et services de renseignement. Les représentants de la majorité peuvent contester le cadrage politique de l’affaire, mais l’existence d’un débat partisan ne remplace ni les investigations des enquêteurs ni la transparence institutionnelle. Toute conclusion générale sur une complicité de l’État serait injustifiée sans preuves.
La suite dépendra notamment des décisions de l’Assemblée, de la communication des administrations compétentes et de l’avancée des procédures internationales. Une commission parlementaire, si elle était effectivement constituée, devrait veiller à ne pas interférer avec les dossiers judiciaires en cours. Pour les citoyens, l’enjeu concret concerne l’intégrité des contrôles aux frontières et la capacité des autorités à prévenir le trafic. La demande du NPP demeure une initiative politique dont l’issue institutionnelle reste à suivre.






