Le gouvernement ghanéen a lancé une vaste opération pour évacuer l’immense accumulation de déchets d’Agbogbloshie, à Accra. Le président John Dramani Mahama a donné le coup d’envoi du transfert vers le site d’enfouissement aménagé d’Adepa, près de Nsawam. Les autorités estiment à environ un million de tonnes le volume de déchets à déplacer et prévoient une opération d’environ 90 jours.
L’État mobilise plusieurs administrations, l’armée, les collectivités locales et du matériel routier. Avant le lancement, le ministre des Collectivités locales Mahama Ayariga avait demandé aux régions et districts de traiter le dossier comme une urgence nationale. Le gouvernement dispose d’environ 200 camions-bennes et des entreprises de travaux routiers ont annoncé pouvoir mettre à disposition environ 200 camions supplémentaires ainsi que d’autres engins lourds.
L’évacuation doit permettre la transformation de la zone en parc industriel. Mais le défi ne se limite pas à déplacer les déchets existants. Accra doit également empêcher que de nouveaux dépôts illégaux se reconstituent ailleurs, organiser la collecte quotidienne et garantir que les sites de destination peuvent absorber les volumes transférés. Sans cette chaîne complète, une opération spectaculaire de nettoyage risque seulement de déplacer le problème.
Le financement soulève aussi une question de politique publique. Une partie des équipements est fournie par l’État, les collectivités et les entreprises privées, tandis que le ministère des Finances et le fonds commun des assemblées de district participent à l’opération. Le véritable test viendra après les 90 jours : mesurer si Agbogbloshie reste propre, si la collecte est durable et si les nouveaux investissements évitent une succession de contrats d’urgence coûteux.







