La France renforce la surveillance des prises de participation étrangères dans les entreprises considérées comme sensibles. Le dispositif impose une autorisation préalable du ministère de l’Économie lorsqu’un investisseur étranger cherche à prendre le contrôle d’une société française active dans un secteur stratégique. Pour les investisseurs venant de pays extérieurs à l’Union européenne, le franchissement de 10 % des droits de vote d’une entreprise cotée doit également être déclaré à Bercy.
Les domaines concernés dépassent désormais la défense et la sécurité nationale. Ils englobent notamment l’énergie, les transports, les télécommunications, la santé, la cybersécurité, les technologies critiques et certaines matières premières indispensables à l’industrie. L’objectif est d’éviter qu’une acquisition étrangère entraîne la perte de technologies, de capacités de production ou d’informations jugées essentielles à la souveraineté économique française.
Le nombre de dossiers soumis à l’administration a fortement augmenté ces dernières années. En 2024, le Trésor a reçu 392 demandes d’autorisation ou d’avis préalable, soit une hausse annuelle de 27 %. Plus de la moitié des opérations effectivement contrôlées n’ont été autorisées qu’avec des conditions, comme le maintien du siège social, des activités sensibles, de la production ou des centres de recherche en France.
Paris affirme néanmoins vouloir préserver l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux. Le dispositif ne vise donc pas à bloquer systématiquement les capitaux étrangers, mais à vérifier leur origine, leurs objectifs et leurs conséquences. Une opération peut être autorisée sans condition, encadrée par des engagements particuliers ou refusée lorsqu’elle représente un risque majeur pour les intérêts nationaux.




