Les États-Unis ont retiré de leur liste de sanctions plusieurs entités et responsables érythréens visés depuis 2021 dans le contexte de la guerre du Tigré. Le changement est intervenu après l’expiration, le 18 septembre, de l’état d’urgence américain qui servait de base juridique aux désignations. Parmi les entités concernées figurent les forces de défense érythréennes, le parti au pouvoir et la Red Sea Trading Corporation.
La nuance juridique est importante. Washington n’a pas annoncé une annulation rétroactive des griefs qui avaient motivé les sanctions. L’administration a choisi de ne pas renouveler le cadre d’urgence qui permettait leur maintien, ce qui a conduit l’Office of Foreign Assets Control du Trésor à retirer les inscriptions concernées. Les mesures avaient été adoptées sous l’administration Biden en raison de préoccupations liées aux droits humains et à la situation humanitaire pendant le conflit du Tigré.
Le Département d’État explique désormais vouloir adapter sa politique aux réalités régionales. Le contexte a profondément changé depuis 2021 : un accord de paix a mis fin à la phase principale du conflit dans le Tigré en 2022, même si plusieurs différends persistent. Dans le même temps, la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb ont retrouvé une importance stratégique accrue en raison de la guerre au Yémen et des attaques contre les routes maritimes.
L’Érythrée possède une longue façade sur la mer Rouge, notamment le port d’Assab, situé face aux grandes routes reliant l’océan Indien au canal de Suez. Ce facteur ne prouve pas à lui seul les motivations de Washington, mais il donne au rapprochement une dimension stratégique évidente. Asmara a salué la fin des mesures, qu’elle jugeait injustifiées. La suite dépendra désormais de la manière dont les deux pays transforment cette évolution juridique en relation diplomatique concrète.







