Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a promulgué une loi transformant « Future of Egypt » en une vaste autorité économique placée directement sous son contrôle. Initialement lancé comme projet de mise en valeur des terres, cet organisme lié aux forces armées intervient désormais dans l’agriculture, l’industrie, les importations de produits stratégiques et la gestion d’investissements publics.
La restructuration vise à regrouper davantage de responsabilités au sein d’une seule institution. La nouvelle autorité pourra notamment reprendre des terrains et des entreprises appartenant à l’État, gérer des zones de développement bénéficiant d’avantages fiscaux et administrer plusieurs fonds. Elle contrôle déjà d’importantes opérations d’achat de blé, des lacs et des activités de pêche, tout en étant présente dans l’immobilier, la construction, les énergies renouvelables et le lait infantile.
Le pouvoir présente cette organisation comme un moyen d’accélérer les projets, de sécuriser l’approvisionnement du pays et de faciliter les investissements. Mais la concentration des autorisations, des terrains, des actifs et des recettes au sein d’une structure bénéficiant d’exemptions soulève des interrogations sur la concurrence avec les entreprises privées. Le Parlement a ajouté certains garde-fous, notamment le contrôle de l’organisme national d’audit et une surveillance parlementaire.
Cette réforme intervient alors que le FMI et plusieurs investisseurs demandent à l’Égypte de réduire les avantages accordés aux entreprises publiques ou liées à l’armée. Le pays s’est engagé, dans le cadre de son programme avec le Fonds, à laisser davantage de place au secteur privé. Le renforcement de « Future of Egypt » illustre donc la tension entre deux priorités : centraliser les activités jugées stratégiques et rassurer les investisseurs sur l’égalité des conditions de concurrence.







