L’inflation remonte progressivement dans l’UEMOA après plusieurs mois de baisse. Selon la BCEAO, le taux régional est passé de -0,8 % au quatrième trimestre 2025 à -0,2 % au premier trimestre 2026. La Banque centrale prévoit désormais une inflation moyenne de 1,6 % sur l’ensemble de l’année, principalement sous l’effet du renchérissement de l’énergie et des produits alimentaires importés.
La Côte d’Ivoire connaît la plus forte accélération de l’Union : l’inflation y est passée de 0,1 % à 1,8 %. Cette hausse provient pour l’instant surtout du logement, dont les prix ont progressé de 3,3 %, et de l’alimentation, en hausse de 2,7 %. La BCEAO relève notamment l’augmentation des charges locatives, de l’approvisionnement en eau, de la viande et du poisson. Le carburant ne constitue donc pas encore le principal moteur direct de l’inflation ivoirienne, mais sa hausse pourrait ensuite renchérir le transport des marchandises et les prix en magasin.
La situation est différente au Mali, où l’État a relevé fin mars le prix de l’essence de 775 à 875 F CFA le litre et celui du gasoil de 725 à 940 F CFA. Une telle augmentation peut rapidement se transmettre aux transports, à l’agriculture et aux produits alimentaires. Le Togo, le Burkina Faso et le Mali sont revenus en inflation positive, tandis que le Sénégal et le Bénin conservent une hausse plus modérée des prix.
L’Union reste néanmoins très contrastée : l’inflation atteint 0,9 % au Sénégal, 0,7 % au Togo, 0,5 % au Burkina Faso, 0,2 % au Mali et 0,1 % au Bénin, alors que le Niger et la Guinée-Bissau restent en baisse des prix. Les pays enclavés risquent d’être davantage exposés au choc pétrolier, car les coûts du carburant s’ajoutent aux frais d’acheminement des produits importés. En Côte d’Ivoire, l’effet devrait être plus diffus, mais pourrait toucher progressivement les transports, l’alimentation et le pouvoir d’achat.






