La Syrie s’est dite prête à diminuer fortement ses importations de pétrole russe dans le cadre de ses discussions avec les États-Unis. Selon trois sources informées des échanges, Damas a pris cet engagement pendant les négociations portant sur le retrait du pays de la liste américaine des États soutenant le terrorisme. Washington assure cependant que cette réduction ne constitue pas une condition officielle à la levée de cette désignation.
Cette décision représenterait un changement majeur pour le secteur énergétique syrien. La Russie fournit actuellement environ 60 000 barils de pétrole par jour à la Syrie et constitue son principal fournisseur. Ces livraisons ont augmenté de 75 % depuis le début de l’année, alors que la production nationale reste insuffisante pour couvrir les besoins du pays.
Les autorités syriennes estiment qu’elles pourront difficilement remplacer rapidement le pétrole russe tant que les dernières restrictions américaines compliqueront les paiements, les assurances et les investissements étrangers. Damas cherche néanmoins à diversifier ses partenaires et a récemment engagé des coopérations avec plusieurs entreprises occidentales, dont TotalEnergies et ConocoPhillips, pour relancer son industrie énergétique.
Pour Washington, cette évolution permettrait aussi de réduire l’influence économique de Moscou en Syrie. Le rapprochement avec les États-Unis dépend désormais de la procédure engagée pour retirer la désignation imposée à Damas, soumise à un examen du Congrès. Une réduction effective des achats russes confirmerait la réorientation diplomatique syrienne, mais elle obligerait le pays à sécuriser rapidement de nouvelles sources d’approvisionnement.







