L’organisation des élections législatives russes provoque une nouvelle tension entre Moscou et Chisinau. La Russie prévoit d’ouvrir quinze bureaux de vote pour ses ressortissants vivant en Transnistrie, région séparatiste située à l’intérieur des frontières internationalement reconnues de la Moldavie. Le gouvernement moldave juge cette décision hostile et affirme n’avoir autorisé qu’un seul bureau de vote russe, installé à l’ambassade à Chisinau.
Moscou estime qu’environ 220 000 habitants de Transnistrie possèdent un passeport russe et doivent pouvoir participer au scrutin de la Douma. La région s’est séparée de fait du contrôle moldave au début des années 1990 et abrite toujours des forces russes. La Moldavie, qui souhaite rejoindre l’Union européenne, considère la présence militaire russe comme illégale et réclame depuis longtemps son retrait.
La question électorale dépasse donc l’organisation pratique du vote. Pour la Russie, les détenteurs de passeports russes vivant dans la région doivent avoir un accès normal aux urnes. Pour Chisinau, ouvrir des bureaux sans autorisation du gouvernement central revient à agir sur le territoire moldave en contournant sa souveraineté. Les deux lectures s’inscrivent dans un conflit politique plus large sur le statut de la Transnistrie.
Cette crise ne modifie pas immédiatement le statut international de la région, qui reste reconnue comme partie de la Moldavie. Elle montre cependant comment les élections russes deviennent aussi un outil de confrontation diplomatique dans les territoires séparatistes de l’espace post-soviétique. La réaction de Chisinau après l’ouverture effective des bureaux, ainsi que d’éventuelles mesures diplomatiques, permettra de mesurer si le désaccord reste symbolique ou produit de nouvelles tensions institutionnelles.
À consulter : L’Agenda Politique — Demain.







