Les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés se sont rapprochés de Mekele vendredi 2 octobre, dans la plus forte escalade observée au Tigré depuis la fin de la guerre civile de 2020-2022. Des habitants interrogés par Reuters ont décrit une ville où banques et commerces avaient fermé, alors que les forces progouvernementales étaient annoncées à portée de la capitale régionale. Les revendications militaires des deux camps restent difficiles à établir indépendamment dans un environnement marqué par des restrictions de communication et des informations contradictoires.
La progression intervient après plusieurs jours d’affrontements entre les forces fédérales, des groupes alliés au gouvernement et une coalition rebelle conduite par le Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. Le dirigeant du TPLF, Debretsion Gebremichael, a reconnu la perte de certaines positions tout en annonçant une contre-offensive. Parallèlement, des attaques de drones attribuées à l’opposition ont été signalées plus tôt dans la semaine jusque dans la région d’Addis-Abeba, ce qui a renforcé les inquiétudes sur l’extension des capacités militaires des groupes opposés au pouvoir fédéral.
La crise ne se limite plus au seul rapport de force à l’intérieur du Tigré. L’Éthiopie et l’Érythrée ont rompu leurs relations diplomatiques après une série d’accusations réciproques. Addis-Abeba accuse notamment Asmara de soutenir l’alliance rebelle, ce que l’Érythrée dément. Les autorités éthiopiennes ont également mis en cause le Soudan et l’Égypte, qui ont rejeté ces accusations. L’Union africaine a appelé l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à éviter les actions ou déclarations susceptibles d’aggraver la situation.
Mekele se retrouve ainsi au centre d’une crise où se superposent le retour des combats au Tigré et des tensions diplomatiques dans la Corne de l’Afrique. La proximité des forces progouvernementales ne permet pas de préjuger de l’évolution militaire des prochains jours, le TPLF ayant annoncé son intention de riposter. Pour les habitants, les fermetures d’activités et l’incertitude sécuritaire signalent déjà un retour brutal des conséquences quotidiennes du conflit.







