L’Éthiopie et l’Érythrée ont franchi un nouveau seuil de tension. Addis-Abeba a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et l’expulsion de dix diplomates érythréens. En réponse, l’Érythrée a déclaré rompre ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie, transformant des mois de tensions en crise ouverte entre les deux voisins.
Le gouvernement éthiopien accuse l’Érythrée de soutenir des acteurs qu’il considère hostiles, notamment autour d’éléments liés au TPLF. Addis-Abeba a également mis en cause l’Égypte et le Soudan. Les pays concernés contestent ces accusations. Les éléments publics disponibles ne permettent pas de trancher de manière indépendante l’ensemble de ces affirmations.
La rupture intervient dans une région déjà fragilisée par la guerre du Tigré, les rivalités autour de la mer Rouge et plusieurs tensions frontalières. Les relations entre Addis-Abeba et Asmara s’étaient brièvement réchauffées après l’accord de paix de 2018, avant de se dégrader de nouveau.
Cette rupture ne signifie pas automatiquement un retour à la guerre, mais elle réduit les canaux officiels de dialogue. La suite dépendra des éventuelles médiations régionales et de la manière dont les deux gouvernements gèrent les dossiers sécuritaires liés au nord de l’Éthiopie.
À court terme, la priorité sera de voir si la rupture diplomatique modifie aussi les échanges commerciaux, les déplacements transfrontaliers ou la présence militaire de part et d’autre de la frontière. Les organisations régionales africaines disposent théoriquement de canaux de médiation, mais aucune sortie de crise n’est encore formalisée.Les prochaines décisions d’Addis-Abeba et d’Asmara permettront de mesurer si la rupture reste diplomatique ou s’étend aux échanges, aux déplacements transfrontaliers et aux relations sécuritaires.







