La rentrée politique en Afrique de l’Ouest s’ouvre sous la pression d’une menace sécuritaire devenue régionale. Les attaques de groupes armés restent particulièrement intenses au Mali, au Burkina Faso, au Niger et dans le nord du Nigeria, tandis que leur influence progresse vers les États côtiers du golfe de Guinée. En juillet, l’ONU a encore qualifié la menace terroriste d’aiguë et appelé à renforcer le dialogue entre gouvernements.
La situation au Mali concentre une grande partie des inquiétudes. Les offensives coordonnées menées en juillet contre plusieurs positions militaires ont confirmé la capacité des groupes jihadistes à frapper simultanément dans le nord, le centre et le sud du pays. Bamako, Ouagadougou et Niamey misent désormais davantage sur l’Alliance des États du Sahel et sur leur coopération militaire avec la Russie pour tenter d’inverser cette dynamique.
Du côté de la CEDEAO, la priorité consiste à empêcher une extension durable de l’insécurité vers le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Réunie en juillet à Freetown, l’organisation régionale a demandé une accélération de sa Force en attente, un meilleur partage du renseignement et des financements plus stables. Une inspection opérationnelle d’une compagnie motorisée guinéenne a également été organisée dans ce cadre.
Ces choix sécuritaires pèseront directement sur les budgets, les débats politiques et les relations diplomatiques durant les prochains mois. Les dirigeants devront toutefois éviter une réponse uniquement militaire, alors que les déplacements de population, la pauvreté, le chômage des jeunes et l’affaiblissement des services publics alimentent aussi l’instabilité. La rentrée s’annonce donc dominée par un double défi, contenir les violences tout en restaurant la confiance politique.
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