Sébastien Lecornu veut préparer le budget 2027 sans nouveaux impôts. Dans un courrier adressé aux dirigeants d’entreprise le 9 septembre, le Premier ministre annonce également une réduction de la surtaxe exceptionnelle sur les très grands groupes. Il ne promet donc pas sa disparition, mais un allégement dont l’ampleur devra être précisée dans le projet de finances.
Le chef du gouvernement met aussi en avant un « pacte Papin » destiné à faciliter la reprise d’entreprises par leurs salariés. L’objectif est d’accompagner ces transmissions, notamment par un traitement fiscal favorable à certains investissements. À ce stade, il s’agit d’orientations annoncées, pas de dispositions déjà applicables.
Une promesse fiscale ne règle pas l’équation budgétaire
Écarter de nouveaux prélèvements réduit une partie des possibilités de financement. Diminuer une contribution existante peut également réduire les recettes attendues par rapport à son maintien. Le gouvernement doit donc expliquer comment il entend compenser ces choix s’il conserve son objectif d’assainissement des comptes.
Cela ne signifie pas qu’une baisse de chaque dépense serait la seule solution. La croissance, les recettes déjà prévues et le calendrier des mesures comptent également. Mais leurs effets ne peuvent pas être simplement supposés pour équilibrer le budget sur le papier.
Le point décisif sera la liste des économies, leur montant et leur caractère durable. Reporter une dépense d’un exercice à l’autre n’a pas le même effet que modifier durablement son coût.
La négociation parlementaire reste entière
Lecornu devra ensuite réunir des soutiens autour de ces arbitrages. Une mesure appréciée des entreprises peut susciter des demandes de contreparties sur les services publics ou les prestations sociales.
La lettre fixe une direction politique. Le projet de loi de finances devra fournir les paramètres concrets, avant que le débat parlementaire n’en détermine la version finale. Entre la promesse de ne pas créer d’impôt et le budget effectivement voté, les choix les plus sensibles restent donc à rendre publics.
À consulter : L’Agenda Politique — Demain.







