L’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis jeudi 10 septembre, mettant fin à plusieurs années de dégradation progressive des rapports entre Alger et Abou Dhabi.
Le ministère algérien des Affaires étrangères accuse les Émirats d’une série d’actions « provocatrices ou hostiles » sans détailler un incident unique ayant déclenché la décision. L’ambassadeur émirati a été convoqué puis prié de quitter le pays sous 48 heures.
Alger a également annoncé la fermeture de son espace aérien aux appareils civils et militaires immatriculés aux Émirats, avec une période transitoire pour certains vols commerciaux jusqu’à la fin de l’année.
Cette rupture dépasse largement une querelle bilatérale. L’Algérie et les Émirats se retrouvent depuis plusieurs années sur des positions différentes concernant le Sahara occidental, la normalisation avec Israël et plusieurs dossiers du Sahel. Alger soutient le Front Polisario tandis qu’Abou Dhabi appuie la position marocaine sur le Sahara occidental.
Les deux pays ont aussi vu leurs intérêts diverger dans plusieurs crises africaines, de la Libye au Sahel. Les autorités algériennes avaient déjà accusé, sans toujours nommer directement les Émirats, des acteurs du Golfe de chercher à fragiliser leur environnement régional.
Abou Dhabi a réagi en exprimant l’espoir que la rupture soit temporaire. Mais le niveau atteint jeudi indique que la crise est désormais diplomatique, économique et stratégique.
Pour l’Afrique du Nord, cette décision ajoute une nouvelle fracture à un espace déjà marqué par la rivalité entre l’Algérie et le Maroc. Elle pourrait aussi modifier les équilibres d’investissement et de coopération dans plusieurs pays sahéliens où les Émirats ont accru leur présence.






